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L'autisme dans la culture et les médias

Comment les médias représentent l'autisme

temps de lecture : 4 à 5 minutes

Comment perçoit-on et percevait-on les personnes autistes dans la culture ? Pourquoi la différence suscite-t-elle encore autant de malentendus ? Les médias, dont le rôle principal est d’influencer le spectateur, orientent souvent leurs contenus selon les idées et les valeurs dominantes de leur époque. Ainsi, au fil de l’histoire, la représentation de l’autisme dans la culture et les médias a largement évolué, reflétant les mentalités et les préjugés de chaque période.

Une représentation souvent stéréotypée

Vous avez sans doute l’idée d’un individu surdoué, préférant être seul, ou que ce trouble provient de l’éducation ? Mais pourquoi cette image est-elle si ancrée ? Dans les années 1990 à 2000, elle est largement mise en avant, notamment avec la sortie du film Rain Man en 1988. Dustin Hoffman y incarne un personnage savant, doté de capacités extraordinaires de calcul, mais coupé du monde émotionnel.

Ce film a généré 239,97 millions de dollars à l’international.

Il a donc eu un grand impact, mais a aussi faussé la perception de l’autisme à cette époque. En effet, il enferme les individus concernés dans des stéréotypes, empêchant ainsi la visibilité de l’autisme réel et aux multiples facettes. Des années avant la sortie du film, en 1976, Lorna Wing redéfinit l'autisme en parlant d’un spectre nommé Trouble du Spectre Autistique (TSA). À cette époque, les personnes sur le spectre étaient souvent représentées comme des hommes blancs à fort intellect, invisibilisant ainsi les femmes, les personnes racisées ainsi que les individus non verbaux.

Acteur du personnage du film Ray Man.

Dustin Hoffman, Rain Man

Une évolution

L'émergence du concept de « neurodiversité » dans les années 1990 a profondément changé la perception de l'autisme. Plutôt que de considérer l'autisme comme un défaut à corriger, ce mouvement promeut la reconnaissance de la diversité des fonctionnements neurologiques. Il a inspiré de nouvelles représentations plus humaines et respectueuses, mettant en avant les compétences, la créativité et la sensibilité des personnes autistes.

Depuis quelques années, nous pouvons observer une évolution de la représentation de ces individus dans les médias. Sur Netflix par exemple, de nombreux films et séries abordent ce sujet en valorisant leurs particularités et leur force. The Good Doctor (2018) met en scène un médecin sur le spectre surmontant ses difficultés sociales et mettant en avant son talent. En 2022, en Corée du Sud, sort Extraordinary Attorney Woo, qui présente une femme concernée par l’autisme de manière respectueuse et sensible. Ce type de contenu reste rare.

En parallèle, divers documentaires, notamment sur France TV ou Arte, présentent des portraits ou témoignages scientifiques, enrichissant la compréhension du public. Ce changement peut également être observé dans des productions modernes telles que Atypical (2017), qui suit la vie quotidienne d'un adolescent autiste en quête d'indépendance et de compréhension de soi. Contrairement aux représentations plus anciennes, la série montre sa vie quotidienne, ses relations, ses erreurs, sa tendresse et son humour. Le film allemand de 2023 Afire (Le Ciel Rouge) est un autre excellent exemple de l'évolution des attitudes. L'autisme n'est plus considéré par beaucoup comme quelque chose de négatif, mais plutôt comme une source d'inspiration.

Le réalisateur Christian Petzold a même révélé qu'il s'était inspiré des comportements autistiques pour ajouter de la nuance à son personnage principal.

Image représentant Woo Young-woo, personnage de la série Extraordinary Attorney Woo.

Woo Young-woo, Extraordinary Attorney Woo

Une révolution médiatique

Avec l'essor des plateformes de médias sociaux telles qu'Instagram, TikTok et YouTube, l'image de l'autisme est désormais en partie façonnée par ceux qui le vivent au quotidien. À travers des témoignages personnels et le plaidoyer, des créateurs comme Hugo Horiot, Alexandra Duvivier et Yo Samdy Sam partagent leurs expériences et leurs luttes. Cette expression personnelle offre une vision plus authentique, libre des représentations scénarisées dans les émissions de télévision ou les films.

Le hashtag #ActuallyAutistic été utilisé dans près de 6 515 470 publications sur X (anciennement Twitter), nombreuses provenant de personnes autistes avec ou sans diagnostic officiel.

Ce mouvement a contribué à amplifier leurs voix, permettant aux gens de s'exprimer librement loin des stéréotypes et des étiquettes imposées par les médias.

Aujourd'hui, ces nouvelles représentations contribuent à une meilleure compréhension de l'autisme, bien que beaucoup de progrès restent à faire. Les médias ont encore tendance à mettre en avant certains profils, souvent masculins et à haut potentiel, tout en négligeant des réalités plus ordinaires et les défis du quotidien. La pluralité croissante des voix, surtout à travers les réseaux sociaux, joue un rôle crucial dans la poursuite de la démolition des clichés et la normalisation de la différence.

Image représentant la créatrice de contenue Yo Smdy Sam.

Yo Samdy Sam, créatrice de contenue

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